ATLAS SOUND ou le Titan sensible

Pour une fois, Bradford Cox livre son visage pour illustrer la pochette de « Parallax« , troisième album de ATLAS SOUND, et ce petit miracle est dû au photographe Mick Rock (Allez donc jeter un oeil sur son site, ce Monsieur à « shooté » les plus grands!), désormais le chanteur américain semble prêt à se frotter aux légendes du Rock.

Pour mémoire, la parallaxe est l’effet du changement de position d’un observateur (d’un auditeur dans notre cas!) sur un objet observé. Et après le magnifique « Halcyon Digest » (2010) sous l’identité de DEERHUNTER, cette définition prend tout son sens. Bradford Cox change sans bouger, son sens du songwriting reste intact même si l’emballage musical est vu sous un angle légèrement différent.

Une expérimentation folk, un rock vaporeux, une musique des âmes, ATLAS SOUND réussit cela, de façon inégale certes, mais le résultat est plus que concluant. A l’écoute de « Te Amo« , l’émotion est portée par une guitare aérienne et cela fait mouche, la balade Rock’n Folk « Lightworks » nous rend fringant, tandis que « Terra Incognita » nous laisse sur le bord d’un chemin, le regard hagard, la voix de Cox ayant fusillé le reste de nos illusions.

Certains pourront s’offusquer de la plus grande accessibilité des compositions de ATLAS SOUND sur « Parallax« , mais est-ce un défaut de rendre le « beau » visible par le plus grand monde, Le Daron ne le pense pas et même le souhaite.

Ce disque n’aurait pas pu sortir ailleurs que sur le label 4AD, ce dernier retrouvant l’éclat émotionnel de ses grandes années.

Pour le Titan ATLAS la terre est lourde à porter, mais pour l’auditeur de ATLAS SOUND tout devient plus léger.

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