Ô temps du Daron : FELT

FELT ou l’histoire de Lawrence Hayward, musicien illuminé voulant réaliser 10 albums en 10 ans et dont l’objectif revendiqué était la gloire!

A l’occasion de la mise en vente sur le site www.firstthirdbooks.com d’un ouvrage sobrement titré FELT, objet précieux et au tirage très limité (1000 ex;) sur ce groupe né à Birmingham en 1979, Le Daron se risque à mettre en lumière un créateur aussi génial qu’insaisissable, le sus-dit LAWRENCE. A noter aussi la sortie de l’ouvrage de JC Brouchard,fin 2011, intitulé « Felt, la ballade d’un fan » aux éditions THE BOOK EDITION.

Après cet encart promotionnel, revenons à ce pur produit du « Do it yourself »: FELT. Groupe nourri par Lawrence, ancien gamin solitaire issu de la working-class du centre de l’Angleterre dont le rêve avoué est de devenir célèbre grâce à la musique. Epaulé par le guitariste doué Maurice Deebank et le batteur Nick Gilbert, il met en place FELT et après avoir fait la première partie de THE FALL, c’est le label Cherry Records qui gravera le premier 45 tours : « Something sends me to sleep« , désormais il pense que l’histoire est en marche inexorablement. L’ego surdimensionné ainsi que l’ambition démesurée de Lawrence lui feront effacer volontairement son nom de famille le rattachant trop au prolétariat et maîtrisera ses acolytes dans le but ultime de sortir 10 albums en 10 ans pour atteindre la gloire. Mais des forces obscures se mettront en travers du chemin pour ne pas faciliter l’ascension, et en 1986, malgré l’envoûtant single « Primitive Painters« en duo avec E.Frazer (Cocteau Twins) produit par R.Guthrie (Cocteau Twins itou!), le groupe signera chez CREATION entraînant des complications contractuelles avec Cherry Records ainsi que le départ de Maurice Deebank. A ce jour, Lawrence assumera les parties guitares et engagera dans l’aventure le jeune Martin Duffy (organiste de 17 ans) que l’on retrouvera des années plus tard dans un groupe « anecdotique »: PRIMAL SCREAM. Avec l’arrivée de Martin le son de FELT se mue en quelque chose de moins lisse et un côté sombre ainsi qu’une certaine perversité apparaissent dans les morceaux, impression se confirmant avec la manière de chanter condescendante et cynique de Lawrence. L’aveu des obsessions maladives de Lawrence pour la propreté dans les interviews ainsi que sa misanthropie avouée ne peuvent que déplaire à un large public et en 1989, FELT sortira « Me and a monkey on the moon« , son dixième et dernier Lp, le souhait de Lawrence est réalisé mais la finalité escomptée n’est pas là. A la place d’une gloire éphémère et illusoire, Lawrence réussit cette année là à devenir un artiste culte et hors normes pour longtemps. Son malheur fera donc notre bonheur, même si Lawrence continuera sa quête de gloire avec DENIM et GO-KART MOZART, en vain ?!

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