DIRTY BEACHES : Entretien avec un voyageur

Lundi 20 février 2012, 21h, l’Espace des Musiques Actuelles délocalise pour un soir sa programmation dans les murs du bar « La Java des Paluches » à la Rochelle (France). Nous voilà partis pour un peu plus d’une heure et quart de concert hypnotique complété par deux rappels généreux. Et cerise sur le gâteau, Le Daron va pouvoir discuter avec Alex Zhang Hungtaï, chef de file de DIRTY BEACHES, désormais épaulé par le batteur Jesse Locke (silver Dapple) et le saxophoniste halluciné Fransesco (Hobo Cubes), dont voici la retranscription intégrale de cet entretien.

Le Daron : « Ce soir, tes pas t’amènent à La Rochelle, tu es toujours sur la route,  et les voyages semblent être une réelle source d’inspiration ? »

Alex Zhang Hungtaï : « Oui, bien sûr ! (en français).  J’ai énormément bougé depuis ma plus jeune enfance, et je pense que ce qui t’arrive dans le cours de ta vie influence tes actes. »

LD : « Tes origines sont Taïwanaises ? »

A.Z.H. : « C’est vrai, je viens de Taïwan, mais je suis aussi passé par Toronto, Hawaï, New-York, Shanghaï, San-Fransisco, Vancouver et actuellement Montréal. »

LD :  » … un vrai tour-operator ! Mes origines sont simplement russes ! »

Jesse Locke (batteur): « Yeah, moi aussi mon grand-père est un immigré juif russe débarqué au Canada, on est donc « Brothers in arms »( rires des deux autres membres) »

LD : « Désormais DIRTY BEACHES est en trio, définitivement ? »

A.Z.H. : « Oui, avant je me débrouillais tout seul, faute d’argent !

LD : « L’album « Badlands » (2011) démarre avec le morceau « Speedway King », mon titre préféré …

A.Z.H. : « Moi aussi !… »

LD :  » et il met en place une sorte de road-movie, tandis que la seconde partie de l’album est plus calme, plus introvertie. Peux-tu nous éclairer ? »

A.Z.H. : « Le morceau le plus symbolique est sans doute « Hotel », c’est l’idée d’un purgatoire avant l’Enfer, spécialement pour les gens qui n’ont pas de toit, bougeant d’un lieu à un autre; pour eux l’hôtel est un Enfer éternel, c’est simplement l’endroit où ils dorment. »

LD : « Tu aimes le compositeur A. Badalamenti … »

A.Z.H : « yeah, big fan… »

LD : « J. Jarmusch et D. Lynch …

A.Z.H : « Big fan too… »

LD : « Es-tu prêt à composer une bande originale pour eux ? »

A.Z.H. :  » J’espère »

LD : « de plus que ces réalisateurs ne tarissent pas d’éloges sur ton compte ! »

A.Z.H : « Oui, j’ai rencontré David Lynch, et un jour de concert à New-York, l’assistant de Jarmusch m’a contacté pour me dire que ce dernier écoutait mon album au bureau et qu’il me souhaitait bonne chance pour le show, et là j’ai pensé « Putain … » ».

LD : « Dans un de tes morceaux, tu utilises un sample de « The Ronettes », groupe produit par Phil Spector, et toi, ta musique est basée sur l’instinct et le Do It Yourself !. Dans le futur, souhaiterais tu bénéficier d’une « grosse » production ?. »

A.Z.H : « Oui, pour un bon disque de pop ! ; mais j’ai déjà deux disques en préparation, un tourné vers la musique électronique et l’autre aux ambiances Jazz. En plus, j’ai énormément de B-sides issues de « Badlands« , d’ailleurs ce sont eux que j’ai joué en majorité ce soir. »

LD : « Tu es souvent comparé à Alan Vega de SUICIDE, tu en es fier ou cela t’énerve-t-il ? »

A.Z.H. : « J’étais très fier au début, mais maintenant ça me saoule. Un jour on a joué en duo avec Frank (Saxophoniste) en Hollande, et un gamin à l’allure Punk a commencé à gueuler « Alan Vegaaaaa!! SUICIIIIDE !!, en voyant sa dégaine et ses lunettes noires sur scène, et là je lui ai répondu « FUCK MAN« . »

LD : « Il es difficile de trouver les textes de tes paroles … »

A.Z.H. : » Ce n’est pas important, tout se passe dans la tête. Si tu ressens quelque chose, des images apparaîtront, je ne veux rien imposer aux gens, je n’ai pas à leur dire ce qu’ils doivent penser. »

LD :  » Enfin, quel album prendrais tu pour un road trip ».

A.Z.H :  » Vincent GALLO « When« , c’est mon disque préféré pour tout faire. Je l’ai découvert il y a une dizaine d’années et cela a changé mes goûts musicaux. »

Un grand merci à Steeve « Robot » et Ka (photos) pour leur aide précieuse.

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