A PLACE TO BURY STRANGERS, Le Daron passe le mur du son

Concert de PICORE (France), AUCAN (Italie) et les très attendus A PLACE TO BURY STRANGERS (USA), le 10 avril 2012 à La Sirène (La Rochelle), Le Daron est en place, certes peu de gens ont répondu à l’appel du bruit, mais cela fera moins de boulot pour les oto-rhino-laryngologistes demain matin.

Les lyonnais de PICORE, forts de leur dernier album « Assyrian Vertigo« , font fi du manque de public en allumant une mèche post-rock dans nos têtes. Le trio de chamanes commence un set païen créant une ambiance lourde, proche de l’invocation au fantôme de DIABOLOGUM, le groupe met tout le monde sous tension avec l’aide d’effets très spéciaux, de rythmes tribaux et d’un harmonium proche de la syncope.

Live de PICORE, « Equus » à L’Astrolabe de Orléans:

Lumière, bière et clope…

AUCAN laisse le public seul face à un plateau vide de présence humaine, où une litanie digitale prévient de l’arrivée imminente des italiens pourvoyeurs d’un DubStep noisy pouvant faire danser une cohorte de cul-de-jattes. Les trois cavaliers d’un Apocalypse sonore arrivent encapuchonnés, se mettent en place et à grands coups de butoirs-machines, commencent un travail de sape plus qu’efficace. L’intensité rythmique du groupe de Brescia, leur présence ainsi que les quelques paroles hurlées par le chanteur, peuvent évoquer les premiers titres de MINISTRY. Désormais, il est certain qu’il est possible de danser en plein Chaos!

Lumière, clope et bière…

Machine à fumée tournant à plein régime, lumière blanche stroboscopique découpant l’obscurité en éclairant la scène de côté, A PLACE TO BURY STRANGERS s’apprêtent à nous happer. « Nothing will surprise » donne le La, ce soir, le groupe de Brooklyn veut emporter un maximum d’âmes avec eux, leur devise devient réalité, « Kill before you’re killed », Oliver Ackermann s’acharne sur une guitare déjà meurtrie, Dion Lunadon, le bassiste suit la cadence et Jay Space, retranché derrière ses fûts ne veut pas rester à la traîne. On avait prévenu Le Daron, ces gars là sont là pour faire mal, après tout ils ont été élus le groupe le plus bruyant de New-York. Planqués derrière un rideau de fumée, de plus en plus opaque, le groupe massacre, déboîte, colle des baignes à un public conquis d’avance, ils lapident JESUS & MARY CHAIN et crachent sur leurs cadavres, la fumée couvre tout, quand d’un seul coup, sur le bien nommé « Dead Beat« , sans prévenir, le son coupe et … l’alarme-incendie retentit, attention évacuation, Ein, Zwei, Drei, le public ainsi que le trio infernal sont invités à suivre le pompier de service. Un petit tour du parking s’improvise, les vannes fusent et Oliver Ackermann sort un « Celle-là, on ne l’avait jamais faîte ! ». Retour case départ, aucune victime à regretter et A PLACE TO BURY STRANGERS, se remet à nous écraser sous un Shoegaze survitaminé. Tout s’accélère, le pouls, la musique, et à la fin du concert, les lumières s’allument sur des visages ahuris, les oreilles conscientes d’avoir pris une sacrée correction. A PLACE TO BURY STRANGERS sont arrivés, ils ont joué et à leur départ, les fosses qu’ils avaient creusé à grands coups de décibels, étaient prêtes à accueillir les corps des spectateurs. Vivement la sortie de leur prochaine album, afin de permettre à nos tympans de se remémorer un moment d’exception. Pour l’instant le dernier et excellent Ep du groupe « Onwards To The wall » fera l’affaire, attention les esgourdes, Le Daron en veut encore!

Lumière, clope et acouphène…

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